Ergothérapeute et Dyslexie : découvrez l’essentiel

L’essentiel de l’ergothérapie pour le dyslexique

l’ergothérapeute n’aide pas uniquement les dyspraxiques ou les dysgraphiques. L’ergothérapeute a son importance pour de nombreux troubles dys et notamment la dyslexie. Ce professionnel de santé réalise des bilans, des suivis, peut aider à la mise en place du matériel informatique… Ergothérapeute et dyslexie sont étroitement liés lorsqu’il s’agit de compensation et de contournement des difficultés. Son objectif est de favoriser l’autonomie et l’efficacité de personnes en situation de handicap. En tant que dyslexique, j’ai pu expérimenter différents ergothérapeutes. Avec l’expérience acquise et les recherches réalisées, je vous transmets des informations utiles sur ce professionnel.

Des infos sur l’ergothérapie :

L’ergothérapeute intervient sur le patient dyslexique par prescription médicale.

Il peut détecter d’éventuelles difficultés chez le patient Dys et alors mettre en place une réadaptation et des solutions de contournement. Ces solutions permettent donc de « contourner » et gommer au moins partiellement les retentissements des troubles spécifiques du langage ou troubles des apprentissages. L’ergothérapeute va pouvoir proposer des soins, des conseils et des activités éducatives.

L’ergothérapeute fait ainsi la jonction entre les besoins spécifiques d’adaptations du patient Dys et les exigences de la vie quotidienne, professionnelle ou scolaire.

L’ergothérapeute est un professionnel de santé paramédicale qui nécessite trois années d’études sanctionnées par un diplôme d’Etat en Institut de formation. Ce métier requiert des connaissances à la croisée de plusieurs domaines comme les sciences médicales, technologiques, humaines et sociales.

L’ergothérapeute exerce en cabinet libéral ou en institutions (centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelle, hôpitaux, EPHAD, etc).

l’ergothérapie

Quels types de difficultés amènent-elles à consulter un ergothérapeute ?

Les difficultés à :

  •   organiser et planifier une tâche ou une activité,
  •   tenir l’outil scripteur (praxie) et acquérir les différentes graphies,
  •   tenir des ustensiles divers (ciseaux, stylos , etc),
  •   devenir autonome dans les activités quotidiennes (habillage, repas, etc),
  •   s’orienter dans le temps ou/et l’espace,
  •   réaliser certaines activités comme les jeux de construction, de manipulation, de coordination d’habiletés, etc,
  •   varier les activités et gérer les phases de transitions. Cela génère une perte de repères et le patient se réfugie dans la routine.

 

accueille de accueille

La consultation, les conditions d’accueil et le suivi en ergothérapie

Les consultations peuvent se faire sur les lieux d’exercice du professionnel (cabinet privé ou institutions) mais aussi au sein de l’établissement scolaire ou au domicile du patient.

Ces consultations sont individuelles.

Depuis le printemps 2020, une autorisation de télé-soins, réglementée, permet à l’ergothérapeute de suivre ses patients à distance.

En principe, la durée de la séance peut être de 45 min à 1 heure. Leur fréquence est adaptable mais la séance est généralement hebdomadaire pour le public dyslexique.

Le devis précise le nombre de séances qui sera variable en fonction de la motivation, de la maturité, de la dextérité et des difficultés rencontrées par le dys. Une dizaine de séances en principe permettent de débuter et de lancer la réadaptation. Puis, la nécessité de poursuivre ou non est réévaluée ensuite en ajoutant un nombre de séances fonction des besoins du patient et des objectifs fixés dans le protocole de réadaptation.

Avant de débuter ses soins, l’ergothérapeute évalue les difficultés du dyslexique à travers les situations concrètes et observe là où elles retentissent (école, maison, travail). Ainsi, l’ergothérapeute peut prévoir des adaptations, comme un « Matériel Pédagogique Adapté » correspondant à un ordinateur et des logiciels spécifiques, et suggérer des exercices de réadaptations dédiés.

Ergothérapeute et dyslexie, une réadaptation spécifique :

Pour la dyslexie, l’ergothérapeute met en place un apprentissage de différents gestes techniques, liés à la tenue de l’outil scripteur, à l’utilisation de l’ordinateur qui vont permettre de compenser les difficultés qui empêchent la réalisation d’une tâche ou pour soulager les situations de double tâche.

documents accueille pour l’ergothérapie

Documents à présenter à l’ergothérapeute

Lors de la première visite, il faut présenter l’ordonnance du médecin traitant ou du spécialiste, ainsi que tous les documents qui permettent de définir la patient Dys :

  •   documents médicaux ou paramédicaux (carnet de santé, bilans antérieurs) et actualisés (orthophonique, ophtalmologique, orthoptique, auditif, de psychomotricité, psychologique)
  •   documents liés à la scolarité : cahiers, copie d’évaluations, le document rédigé du PAP ou du PPS ou GEVAsco.
  •   outils déjà mis en place le cas échéant.
déset médicale l’ergothérapie

Désert médicaux, délais d’attente

Les ergothérapeutes sont très inégalement répartis sur les territoires. Tous n’ont pas développé les outils pour accompagner spécifiquement les patients Dys. Pour obtenir les coordonnées d’un ergothérapeute aguerri, le mieux est de se rapprocher des réseaux de professionnels spécialisés dans les troubles Dys ou des associations de Dys. Les professionnels manquent même dans les zones urbanisées et les délais d’attente peuvent être longs. Il faut donc s’y prendre très à l’avance afin d’obtenir un rendez-vous pour un bilan d’ergothérapie. Cette profession est de plus en plus sollicitée notamment pour le suivi des personnes âgées. Comme pour les orthophonistes, le numerus clausus limite la formation à plus grande échelle et le déploiement territorial des spécialistes formés.

l’ergothérapeute ne doit pas être confondu

L’ergothérapeute et le psychomotricien, quelle différence ?

L’ergothérapeute est lui, le spécialiste des praxies (coordinations motrices volontaires, orientées vers un but et issues d’un apprentissage).

L’ergothérapeute prend en compte les possibilités d’adaptation de l’environnement en évaluant les moyens d’arriver à l’autonomie voire l’indépendance du patient Dys. Tandis que le psychomotricien focalise son attention sur le patient Dys dans son équilibre psycho-corporel. Ce professionnel évalue et tente de faire évoluer les interactions et les réactions dans l’environnement du patient Dys.

L’ergothérapeute et le graphothérapeute, quelle différence ?

Le graphothérapeute est le spécialiste de l’écriture, il se focalise sur la rééducation des graphies, du geste graphique. Le graphothérapeute n’est pas reconnu comme un spécialiste parmi les professionnels de santé (paramédicaux). Sa prise en charge et son accompagnement ne sont donc en aucun cas remboursés par la Sécurité Sociale ou tout autre prise en charge par un organisme comme la CPAM, la MDPH ou l’Education nationale qui ne reconnaissent pas ce professionnel.

Mise au point sur une idée reçue, tenace. Il faut savoir (bien) écrire et même les enseignants militent pour que l’élève Dys écrive !

La graphothérapie

Si dans certains cas, le médecin peut conseiller en première intention de tenter la graphothérapie, il est choquant d’entendre dire qu’il faut toujours tester ce type de rééducation car les ergothérapeutes orientent trop systématiquement vers l’introduction de l’ordinateur.

Certains jeunes Dys passent par une rééducation en graphothérapie et arrivent à améliorer plus ou moins leurs graphies. Cependant, si l’écriture gagne en lisibilité, qu’en est-il :

  •   du geste graphique et des contraintes douloureuses qu’il impose ?
  •   de la vitesse d’écriture à l’exigence sans cesse relevée au fil de l’ascension scolaire ?

Lorsqu’il y a des difficultés dans la réalisation du geste graphique, le fait qu’il soit non automatisé impose une surcharge cognitive qui impose au patient Dys une concentration permanente. Dans ce cas, est-il vraiment nécessaire d’exiger un travail et un effort sur la graphie, si laborieux et coûteux pour le Dys, et ce à l’ère du numérique ? Collectivement, professionnels de santé, enseignants, parents, et parfois patients Dys, eux-mêmes, sont légitimes à s’interroger sur cette nécessité que l’on impose d’améliorer, d’apprendre à travailler les graphies. Cela pose la question des motivations profondes (esthétique, réactions liées au paraître et/ou à ce que l’écriture dit de ce que nous sommes et la place que nous occupons dans la société). L’écriture est une « trace visible » qui va incarner de plein fouet le handicap, la difficulté, la différence…Le parent ou la patient Dys peut avoir du mal à accepter ce qui le frappe de visu et que d’autres remarquerons…Pour peu que cela soit associé à une dysorthographie, cela peut être alors insupportable pour le dyslexique ou multi-dys. Le sentiment d’être dans une situation d’illettrisme prend le dessus.

coût de l’ergothérapie pour le dyslexique

Coût et prise en charge

Les séances d’ergothérapie ne sont prises en charge par la Sécurité Sociale que si elles sont effectuées dans le cadre institutionnel (hôpital, établissement spécialisé, hospitalisation à domicile). Comme la profession n’est pas conventionnée à l’Assurance Maladie, il n’y a aucune prise en charge financière, tout est à la charge des particuliers dans le cas d’un suivi en cabinet libéral.

Cependant, si le patient Dys bénéficie d’une reconnaissance de handicap effectuée et notifiée par la MDPH (Maison Départementale de la Personne Handicapée), elle peut faire une demande de prise en charge auprès de cet organisme. Dans ce cas, n’hésitez pas à demander un devis pour la réalisation d’un bilan et d’un suivi régulier. Cette démarche permet d’envisager par exemple, la réadaptation des graphies et/ou la mise en place et prise en main d’un ordinateur, l’apprentissage du clavier et la mise en pratique de certains logiciels adaptés.

Les aides financières peuvent être proposées sous certaines conditions d’acceptation du dossier par :

  •       la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) demande de l’AEEH, (Allocation Éducation Enfant Handicapé) et la PCH (Prestation de Compensation du Handicap)
  •       la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) : demande de l’allocation de Secours en « Prestation légale » ou demande d’une allocation de Fond d’action sociale.
  •       les Mutuelles dont certaines prennent en charge un forfait ou une prestation pour des séances d’ergothérapie en fonction de la catégorie de votre adhésion (ex : Mutualité Sociale Agricole -MSA)
  •       les Entreprises privées, qui proposent, via leur service social, un remboursement total ou partiel sur présentation des factures d’ergothérapie, de la notification de la MDPH et la reconnaissance de handicap de la personne salariée ou bien d’un de ses ayants droits (conjoint, enfant).
  •       Le forfait précoce des Troubles neuro-développementaux des 0 – 7 ans voire 0 – 12 ans qui doit se mettre en place via la création de plateformes médicales. Il pourra permettre la prise en charge d’enfants pour poser un diagnostic et effectuer un suivi sur au moins une année. En octobre 2020, ce dispositif n’est en place qu’en Occitanie et son déploiement doit être étendu à l’ensemble des Territoires.

https://handicap.gouv.fr/presse/communiques-de-presse/article/forfait-precoce-autisme-les-modalites-du-conventionnement-des-professionnels

Bilan de l’ergothérapeute pour le dyslexique

Ergothérapeute et dyslexie : le bilan d’ergothérapie

l’expertise et l’analyse ciblent l’écriture puisque dans le cas d’un patient Dyslexique, il s’agit d’un trouble du langage écrit !

Vérifications :

  •   de l’équilibre de la Station assise et de l’environnement impactant
  •   des aspects moteurs du membre supérieur dominant
  •   contrôle moteur du membre supérieur dominant
  •   habiletés fines sur le scripteur (crayon, stylo)
  •   du choix de l’outil scripteur, Choix du lignage (adaptation du support)
  •   du contrôle moteur du membre supérieur (non dominant)
  •   de l’apprentissage spécifique et l’automatisation des graphies
  •   de la coordination visuo-manuelle (parfois déficitaire chez le dyslexique)

Méthodes d’apprentissage en fonction du bilan ?

Il faut favoriser toutes les modalités sensorielles, verbales, kinesthésiques, visuelles en fonction de ce que fera ressortir le bilan.

La compensation de l’écriture sera évaluée pour déterminer son efficience, en particulier :

  •   sa lisibilité
  •   sa rapidité
  •   son automatisation

Et si l’écriture manuscrite n’est pas automatisée, l’enfant ne pourra pas être efficace lorsqu’il doit :

  •   être à l’écoute et réfléchir
  •   suivre en classe
  •   porter son attention aussi sur sa prise de notes
  •   être dans la double tâche

Dans le cas du patient Dyslexique, l’ordinateur est le matériel qui est proposé avec son lot de logiciels adaptés et ses périphériques.

Bilan

Le Bilan d’ergothérapie pour le dyslexique : que contient il ?

Anamnèse

Cette partie doit regrouper les éléments recueillis auprès du patient et sa famille qui font état de son histoire de vie et son histoire médicale :
  •   conditions de grossesse et d’accouchement,
  •   suivi et de particularités depuis la naissance,
  •   évolution des apprentissages et la scolarité,
  •   contexte familial (existence éventuelle de cas similaires au sein de la famille),
  •   apparition des symptômes et leur gravité,
  •   gestes de la vie quotidienne (habillage, laçage, etc)
  •   loisirs (nage, sports, jeux, musique, etc)
  •   éventuel traitement ou suivi médical en cours.
Il s’agit d’une étape déterminante en vue d’appréhender le diagnostic. Plus cet entretien sera précis et efficacement mené, mieux le professionnel de santé pourra cerner la situation et privilégier certaines pistes. L’anamnèse permet à l’ergothérapeute de cibler les tests à effectuer. Combinée aux résultats des tests, elle guide vers un diagnostic ou vers la préconisation de la consultation d’autres professionnels de santé. Il sera indiqué les conditions de passation des tests du bilan (la durée, le comportement du patient, les faits marquants).

Sur quoi vont porter les observations et les tests du bilan d’ergothérapie ?

Le graphisme et l’écriture

Les analyses

  •   de la position spontanée
  •   de la tenue du scripteur
  •   du graphisme (type de dessin, maturité, rapport à la classe d’âge, proportions, utilisation ou non des couleurs, précisions du dessin, etc)

L’écriture :

  •   en situation de copie (préciser sur quel support et avec quel outil scripteur)
  •   en répétition de mots (vitesse, précision et qualité du geste et qualité de l’écriture)
  •   l’évaluation quantitative du graphisme : vitesse d’écriture, traitement visuel, paragraphes auto correction ou rétro contrôles,
  •   les encodages (mémorisation d’un nombre de lettres à préciser, difficultés éventuelles du geste, etc.)
  •   l’automatisation de l’écriture ?
  •   la qualité de l’écriture (lisible ou non, variation de hauteur des lettres, taille et régularité de l ‘écriture, etc.)
  •   la vitesse d’écriture
  •   la posture, position du membre secondaire, position et mouvements des doigts

En conclusion, comment définir le côté fonctionnel du geste graphique ?

  •   Observation neuro-visuelles et visuo-spatiales
  •   Test de développement de la perception visuelle qui évalue la coordination œil-main, la copie, la relation spatiale, la rapidité visuo-motrice; la perception visuelle (position dans l’espace, etc.) indication des stratégies mises en place éventuellement par le patient.
  •   Fonctions exécutives/attention : par ex. test d’attention visuelle
  •   Praxies constructives : tests des cubes
  •   Fonctions sensorimotrices
  •   Motricité fine
  •   Imitation de position des mains
  •   Mise en situation avec certains ustensiles (ex : découpe avec ciseaux)
sortir par la porte

En conclusion

Il faut inclure des propositions de prise en charge et un protocole d’apprentissage de l’utilisation d’outils spécifiques de réadaptation.

L’intervention de l’ergothérapeute dans le parcours du patient Dyslexique est le plus souvent synonyme de la mise en place de l’ordinateur. Si cet outil est intéressant voire indispensable, il peut faire l’objet d’un rejet de la part de certains jeunes, notamment à la période de l’adolescence. 

En effet, l’introduction de l’ordinateur en classe est polluée par l’acceptation du regard des autres et le fait que l’élève Dys se sent différent de ses pairs. Parfois, il ne peut supporter cette situation. 

Combien d’ordinateurs restent-ils dans leur sacoche, sacrifiés sur l’autel du paraître ? N’est-il pas préférable d’anticiper l’introduction de cet outil en amont de l’adolescence ?

La dyslexie est censée être invisible. Mais avec un ordinateur ce n’est plus le cas… Pourtant, la généralisation de la mise à disposition pour tous les élèves de matériel informatique est une autre solution dont on peut profiter.

Les suivis, en général à l’adolescence, complètent la mésestime des patients qui se traduit par un sentiment d’exclusion. Le fait de proposer, lors de la mise en place de l’ordinateur et de logiciels adaptés, des séances entre adolescents Dys peut être stimulant et encourageant. Ils réalisent qu’ils ne sont pas seuls, qu’ils peuvent échanger sur leurs pratiques et leur ressentis, etc. Entre pairs ou bien avec quelques différences d’âges, les plus jeunes découvriront l’espoir suscité par les plus âgés qui eux se sentiront valorisés. Chacun repartira motivé.

Bien entendu, il n’est pas question de faire de l’introduction précoce de l’ordinateur une règle. Il faut examiner au cas par cas, selon les difficultés et les besoins de la personne, de sa motivation et de sa maturité. Ergothérapeute et dyslexique doivent avancer ensemble pour trouver outils et adaptations qui permettront de limiter l’impact de la dyslexie. Il est vivement conseillé de faire appel à un professionnel capable d’analyser la situation et d’être à l’écoute du patient Dys et de son entourage.

Sites ressources :  http://www.anfe.fr/l-ergotherapie/la-profession

 

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