Dyslexie et Orthophonie : découvrez l’essentiel

Orthophonie dyslexie

Dyslexie et orthophonie sont étroitement liés car l’orthophoniste est le professionnel de santé qui va identifier et évaluer les troubles des apprentissages comme la dyslexie, la dysorthographie, la dysgraphie, la dysphasie et la dyscalculie. De plus, l’orthophoniste peut réaliser un suivi et une rééducation séance après séance. Même si la progression est longue et coûteuse en temps et en énergie, l’orthophonie permet souvent des progrès notamment en termes de lecture et d’orthographe. Ce praticien paramédical est pour le dyslexique une aide déterminante. J’ai moi-même réalisé de gros progrès grâce à un suivi orthophonique. Voici ce que vous devez savoir sur ce professionnel.

L’expertise de l’orthophoniste peut être complétée par celles d’autres professionnels de santé (ergothérapeute, psychomotricien, neuropsychologue/psychologue, orthoptiste). Chaque professionnel de santé apporte via sa discipline des éléments complémentaires de bilan pour permettre au médecin de faire une synthèse et d’émettre un diagnostic complet.

La consultation et le suivi de l’orthophonie sont entièrement pris en charge par la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) sous réserve d’une entente préalable une fois la prescription du médecin traitant.

documents a présenter a l’orthophoniste

Documents à présenter à l’orthophoniste :

– l’ordonnance prescrite par votre médecin traitant

– la carte vitale du patient ou du parent s’il est mineur

– le carnet de santé du patient ou de l’enfant pour pouvoir alimenter l’anamnèse.

Dyslexie et Orthophonie : Conditions d’accueil 

L’orthophoniste accueille le patient en séance individuelle à son cabinet. La durée et la fréquence des séances peuvent varier dans les faits :

·       de 30 min/45 min env. (rarement de moins d’une ½ h ou de plus de 45 min)

·       de 1 à 4 fois par semaine

·       par série de 30 à 50 séances renouvelables sur prescription médicale

Rarement moins ou plus parce que l’orthophoniste a d’autres patients à suivre, que l’emploi du temps du patient et du professionnel ne sont pas extensibles, etc.

La répétition et la fréquence sont des conditions favorables de prise en charge pour un Dys. En théorie, l’orthophoniste doit adapter la prise en charge au plus près des besoins de son patient.

Depuis 2019, les séances d’orthophonie sont autorisées au sein des établissements scolaires ou médico-sociaux si l’enfant est déjà suivi par un orthophoniste libéral. Les séances peuvent être prises en charge sous conditions par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie. Un accord entre l’établissement et la famille peut être scellé et sera noté dans le cadre du document du PAP ou du PPS de l’enfant scolarisé. 

Depuis le printemps 2020, en raison de la pandémie de Covid-19, l’orthophoniste est autorisé par la CPAM à effectuer des télé-soins avec ses patients. Consultez les conditions sur le site Ameli.fr.

trouver la bonne orthophoniste

Trouver le « bon orthophoniste »     

  

C’est le professionnel de santé avec lequel l’enfant ou l’adulte sera en constante interaction. Le professionnel doit être formé pour accompagner ces troubles. En effet, la formation d’orthophoniste est d’ordre généraliste, couvre de nombreuses pathologies ou difficultés et cela pour tous les âges de la vie. L’orthophoniste peut faire le choix de se spécialiser dans la prise en charge de certaines pathologies ou troubles ou même dans l’accompagnement de certaines tranches d’âges de patients. Renseignez-vous auprès des réseaux de spécialistes Dys ou des associations de parents et personnes Dys.

L’essentiel de l’orthophonie pour le dyslexique : Désert médical orthophoniste

Désert para médical, indisponibilité, surcharge des professionnels

Malheureusement, la situation est tendue pour trouver un orthophoniste disponible. La formation des orthophonistes se fait au sein d’écoles spécialisées où le nombre d’étudiants est régulé par un concours d’entrée. A l’issue de leur formation, le nombre de diplômés est limité par un numerus clausus imposé par les services de l’Etat. Ces chiffres ne semblent pas en adéquation avec les besoins de prises en charge dans les territoires.

A la rentrée 2019, l’Etat a consenti à recruter 7 orthophonistes supplémentaires à l’issue du concours d’entrée dans les écoles de formation. A la rentrée 2020, le recrutement a été augmenté de 52 orthophonistes [1] ! Mais cela reste très insuffisant pour couvrir les besoins sachant que 5 années d’études sont nécessaires pour former un orthophoniste.

Les orthophonistes sont implantés sur le territoire sous le contrôle de la CPAM [2]  et l’ARS [3]. Si vous ne trouvez pas d’orthophoniste alors n’hésitez pas à faire remonter votre situation auprès de ces institutions. Plus les patients ou les parents réagiront, plus les situations sont susceptibles d’évoluer positivement. Par exemple, en Région Parisienne se trouvent des départements où les orthophonistes sont inégalement réparties …ce qui peut sembler incompréhensible.

Pour formuler votre réclamation, écrivez simultanément à l’ARS et la CPAM.

·       ARS : consulter sur Internet, les coordonnées de l’ARS dont vous dépendez

·       CPAM : envoyez votre courrier d’alerte depuis votre compte AMELI https://www.ameli.fr/.

[1] Chiffres de la FNO- Fédération Nationale des Orthophonistes

[2] Caisse Primaire d’Assurance Maladie

[3] Agence Régionale de la Santé

L’âge de mon enfant dyslexique a-t-il une incidence sur la prise en charge ?

En principe, le suivi orthophonique pour la dyslexie doit être mis en place précocement pour une meilleure efficacité et surtout permettre au patient – enfant – de mieux apprendre à dompter son trouble.

En général, la prise en charge d’un adolescent Dys, voire d’un adulte Dys, est plus ardue du fait que la plupart des orthophonistes accueillent prioritairement les enfants. L’accompagnement n’est pas le même. Il nécessite un matériel d’exercices et de tests différents, tous les orthophonistes ne disposent pas de l’ensemble des outils adaptés à tous les âges.

Dans l’idéal, le diagnostic doit être posé prioritairement pendant le cycle primaire et par un médecin spécialisé en libéral ou en centre référent spécialisé dans les troubles du langage à l’hôpital. A l’issue de cette phase de diagnostic de dyslexie, les avis des professionnels de santé permettront de faire reconnaître les besoins spécifiques et de mettre en place des adaptations en milieu scolaire à travers l’un ou l’autre  des dispositifs tels que le PAP ou le PPS.

L’essentiel de l’orthophonie pour le dyslexique : Plusieurs orthophonistes successifs

Pause thérapeutique ?

Il peut s’avérer nécessaire de faire une pause thérapeutique en interrompant temporairement le suivi orthophonique en cas de saturation de l’enfant. Cela peut être l’occasion de changer ensuite d’orthophoniste pour redynamiser ou faire évoluer l’accompagnement. Cependant, attention d’anticiper la reprise d’un suivi en tenant compte de la surcharge et de l’accessibilité des cabinets d’orthophonie afin de ne pas se retrouver en déshérence.  

L’essentiel de l’orthophonie pour le dyslexique dans le secondaire, un suivi différent ?

Dyslexie et Orthophonie au collège et au lycée

Deux situations distinctes caractérisent la vie de l’élève Dys  :
  • l’élève a été diagnostiqué au cours de son cursus primaire et il poursuit son suivi orthophonique. Se pose alors la question de renouveler et faire évoluer ses adaptations pédagogiques et son accompagnement en milieu scolaire (PAP ou PPS) en fonction des besoins liés à ces nouveaux environnements et exigences scolaires.
  • l’élève est diagnostiqué tardivement et débute un suivi orthophonique en parallèle de sa scolarisation en secondaire. Cela nécessitera la mise en place d’un des dispositifs d’accompagnement en classe (PAP ou PPS) ou bien d’autres dispositifs selon les choix d’orientation de l’enfant.
En parallèle de cette période, l’accompagnement de l’orthophoniste se situent à la fois sur :
  • le suivi orthophonique qui doit s’adapter à l’évolution des besoins de l’enfant vers celui d’un adolescent voire d’un jeune adulte.
  • la préparation de l’orientation en fonction des capacités et des souhaits de l’élève. Par ex. l’apprentissage permet d’entrer dans le monde du travail avec des règles différentes de celles du milieu scolaire (possibilité de demander une RQTH pour lequel un bilan orthophonique sera nécessaire).
  • la nécessité d’anticiper le passage des épreuves des examens (DNB-Brevet des collèges, CAP, BAC, etc) voire de concours et à la poursuite d’études. Situation où l’orthophoniste joue un rôle déterminant pour accompagner l’adolescent ou le jeune adulte. L’orthophoniste apporte son éclairage sur les préconisations dans la demande d’aménagements des épreuves d’examens (tiers temps, aide humaine, aide technique, adaptations, dispenses).
Le manque d’orthophonistes disponibles pour prendre en charge ses patients est criant. Pourtant le rôle de l’orthophoniste est déterminant pour accompagner la personne Dys au-delà de son cursus primaire. Orthophonie et dyslexie sont indissociables durant les années d’apprentissages des cycles du secondaire. L’orthophoniste, en cas de doute sur la pose du diagnostic de dyslexie ou sur son ampleur, peut demander à la famille du patient ou au patient lui-même s’il est majeur d’effectuer un bilan en centre référent spécialisé. Au cours du cycle secondaire, le niveau d’exigence scolaire évolue et l’adolescent va être amené à passer des examens (DNB, BAC, etc). Aussi, l’accompagnement doit s’adapter car les difficultés liées à la dyslexie évoluent. Les formats de travail doivent varier, la prise en compte des outils numériques doit aider à la compensation des troubles (ex : privilégier l’auto-correction ou développer la production d’écrits). Aborder la lecture et l’écriture de textes longs, suivre des méthodologies de travail dans l’approche des études de textes littéraires ou philosophiques ou dans l’apprentissage des mathématiques, mettre en place des techniques de mémorisation sont autant de pistes à explorer au cours des séances orthophoniques de pré-adolescents, adolescents ou adultes. Cela nécessite une certaine flexibilité dans le choix des règles à travailler suivant les avancées du patient en âge, en niveau scolaire et en maturité. Si le diagnostic n’est posé qu’en cours de scolarité du secondaire, l’orthophoniste doit favoriser pour le dyslexique la mise en place d’adaptations dans ce cadre en aidant la famille à argumenter et compléter le document relatif au PAP ou PPS. L’autre étape décisive est le passage d’examens (DNB, BAC, BTS, etc). L’élève Dys perd toute égalité des chances et toute équité puisqu’il rencontre des difficultés dans le cadre scolaire qui vont s’accentuer lors des épreuves d’examens. Pour en limiter l’impact négatif, l’élève Dys peut bénéficier d’aménagements spécifiques pour le passage des examens et concours. Toutefois, ces aménagements variés doivent être adaptés aux besoins de l’élève et notés préalablement dans le document relatif au dispositif PAP ou PPS choisis. Ces aménagements sont peu proposés par les orthophonistes qui, souvent, ne préconisent que le temps majoré supplémentaire dit « tiers temps ». Celui-ci est bien sûr intéressant mais il ne peut être l’unique aménagement préconisé pour les besoins des élèves ou étudiants dyslexiques.
Bilan

Compte rendu orthophonique

Tout suivi orthophonique nécessite un compte-rendu écrit au terme du nombre de séances effectuées ou bien en fonction des besoins du patient pour faire valoir ses droits. Le bilan sous forme de compte-rendu écrit est remis au patient ou à sa famille, Il est capital de conserver et regrouper tous ces documents. Rappelons qu’être Dys, c’est pour la vie ! Cela permet un meilleur transfert d’informations lorsque l’on change de professionnel ou qu’un diagnostic doit être revu.

Le Bilan orthophonique de Dyslexie permet de poser un diagnostic.

Ce bilan, établi à l’issu d’un entretien avec le patient et ses parents s’il est mineur, résulte d’une série de tests qui permet de définir une analyse de l’acquisition du langage oral et/ou écrit en comparant les résultats du patient à ceux de sa tranche d’âge et de son niveau scolaire. Ce bilan orthophonique de dyslexie est primordial et doit également bien être conservé précieusement.

Ce bilan permettra :

– de cibler la nature des troubles,

– d’apporter un éclairage sur l’apparition, l’évolution, les retentissements du ou des troubles du langage et l’implication du patient et de sa famille,

– de désigner les voies de rééducation à privilégier selon le cas,

– de proposer des adaptations spécifiques qui permettent au patient de mieux évoluer en contexte scolaire ou professionnel.

Le suivi orthophonique ou protocole de soins sera décidé en fonction des conclusions du bilan orthophonique.

L’orthophonie en conclusion :

L’orthophonie est une aide utile pour le dyslexique, particulièrement lorsqu’il a connu des difficultés d’apprentissage en classe, à la maison ou ailleurs. Ainsi, l’orthophonie permet de se poser, d’observer et d’apprendre par d’autres moyens à :
  • mieux comprendre ses difficultés
  • mettre en lien ce qu’il n’a pas eu la conscience de faire spontanément
  • utiliser différentes méthodes et outils
  • compenser progressivement
  • enclencher le processus d’automatisation
  • faire en sorte que le dyslexique apprenne à apprendre.

Mais il faut tout de même préciser que l’orthophonie ne peut pas à elle seule éradiquer la dyslexie. On naît dyslexique et on le reste.

Le patient dyslexique va devoir se mobiliser pleinement pour espérer diminuer ses troubles, trouver des solutions de contournement et apprivoiser sa dyslexie. Il ne faut pas se décourager.

Parfois des années de pratique en orthophonie ne suffisent pas à en limiter les effets de façon significative. Chaque cas est particulier, chaque professionnel a ses méthodes. Il ne faut pas hésiter à changer d’orthophoniste pour faire évoluer aussi ses propres pratiques et apprendre à sortir de sa zone de confort.

Au final, le facteur temps est un élément déterminant dont l’orthophonie a besoin pour aider le dyslexique.

 

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2 commentaires

  • Je suis moi-même orthophoniste.
    Je vous remercie pour cette synthèse. Je suis d’accord avec la majeure partie des propos qui s’y tiennent.
    Sachez de manière très positive que notre métier et nos pratiques évoluent considération depuis quelques années. Nous remédions de plus en plus aux facteurs causaux, avons de par nos formations des protocoles de plus en plus précis et efficaces. Voilà de quoi espérer gagner en efficacité et en temps, avec l’effet positif sur l’estime de soi…
    Bien sûr, les exercices quotidiens à la maison sont essentiels.
    Les échanges avec les enseignants sont aussi très profitables, permettant le transfert !
    Voilà !!!! Continuez en tout cas !

    Répondre
    • Je vous remercie pour votre commentaire positif et vos encouragements. J’ai été accompagné par trois orthophonistes différentes et chacune m’a beaucoup apporté …

      Répondre

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