Dyslexie de surface, qu’est-ce que c’est ?

Dyslexie de surface, qu’est-ce que c’est

Il existe plusieurs types ou « classifications » de la dyslexie qui sont notamment utiles pour savoir sur quels exercices axer la rééducation.

Cette classification distingue la dyslexie phonologique, la dyslexie mixte et la dyslexie de surface dont on estime qu’elles représentent respectivement 70%, 20% et 10% des cas de dyslexie.

Pour la dyslexie de surface, il n’est pas rare qu’elle soit associée à d’autres types de dyslexie.

Classification de la dyslexie, voies de lecture

Classification de la dyslexie : voies de lecture

Il existe deux manières de lire appelées les « voies de lecture ».

Un lecteur sans troubles les utilise toutes les deux et sait les combiner instinctivement lorsqu’il lit.

La première est la voie d’assemblage dit « voie phonologique ». Elle est utilisée au moment du déchiffrage syllabique.

La seconde voie utilisée pour la lecture est la voie d’adressage dite « voie lexicale ». Elle est utilisée pour reconnaître instantanément l’aspect visuel du mot. Cette mémorisation de l’aspect du mot est stockée dans un lexique orthographique interne.

Ces deux voies permettent une classification des types de dyslexie suivant celle qui est déficiente.

Dyslexie de surface : définition

Il s’agit d’une classification de la dyslexie caractérisée par une difficulté particulière à stocker des mots irréguliers dans le lexique interne.

Cela conduit les individus atteints de ce trouble à devoir déchiffrer les mots comme s’ils les voyaient pour la première fois.

Dyslexie de surface : dyslexie « visuelle »

Dyslexie de surface : dyslexie « visuelle »

Contrairement à d’autres types de dyslexie, la correspondance entre les lettres et les sons n’est pas particulièrement compliquée. Dans le cas d’une dyslexie de surface, c’est la voie d’adressage « lexicale » qui est déficiente. L’aspect visuel des mots n’est pas stocké dans le lexique interne, ce qui est le cas pour un normo-lecteur.

Les lettres et les mots irréguliers ne sont donc pas reconnus par le dyslexique de surface. Il est donc contraint d’utiliser la voie d’assemblage pour déchiffrer le mot comme si c’était la première fois qu’il le rencontrait.

L’accès à la représentation mentale étant quasiment impossible, le stock lexical est presque vide, il n’est pas rare que l’individu écrive de manière phonétique. Une écriture phonétique conduit bien entendu a commettre une multitude de fautes d’orthographe.

On considère que la cause de ce trouble peut être un défaut de la reconnaissance visuelle des lettres et des mots. Les lettres de forme proche (b/d ; p/q ; m/n…) font l’objet de confusions.

Plus l’orthographe du mot est irrégulière, plus un individu atteint de dyslexie de surface éprouve des difficultés pour le lire.

Si ce type de dyslexie n’est pas le plus courant, il n’est pas le moins handicapant… En effet, la dyslexie de surface gène le lecteur dans son accès à la signification du texte et provoque souvent une lecture très lente et hésitante

Dyslexie de surface : traitement

Il faut dans un premier temps réaliser un bilan orthophonique. Puis dans un deuxième temps entreprendre une prise en charge qui permette de mettre en place la rééducation orthophonique.

À cette occasion, les exercices peuvent être axés sur :

  • l’attention visuelle et verbale de court terme
  • la reconnaissance visuelle de certains phonèmes notamment grâce à des stratégies mémo-technique de contournement des difficultés
  • la rééducation axée sur les mots irrégulier.

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    Exemple des erreurs type du dyslexique

    Dyslexie de surface : exemple d’erreurs

    La lecture avec une voie d’assemblage déficiente :

    La lecture est très coûteuse en énergie car elle nécessite un véritable effort occasionné par la voie d’assemblage. L’effort cognitif est si important pour le déchiffrage d’un mot irrégulier qu’il n’est pas rare que les dyslexiques inventent la fin du mot ou le monde entier.

    Parfois cette stratégie de compensation fonctionne, mais elle amène régulièrement à commettre des contresens qui peuvent être très handicapants pour la compréhension d’un exercice.

    Il est difficile pour un dyslexique d’accéder au sens du texte durant sa lecture.

    Par exemple le mot « femme » peut être lu « feume » ; le mot « date » peut être lu « bate » ; le mot « coq » peut être lu « cop ».

    L’écriture :

    Les erreurs commises sont souvent phonologiques.

    Elles seraient correctes à l’oral, mais sont incorrectes à l’écrit : bouquin/boukain, pharmacie/farmacy, calendrier/kalandrié, typique/tipic.

    Attention : ces différentes classifications de la dyslexie correspondent à une approche simplifiée de la réalité et ont leurs limites notamment au niveau clinique.

    Il faut donc se garder de tous raccourcis qui peuvent conduire à des raisonnements simplistes.

    Sources :

    • Neuropsychiatrie de l’Enfance et de l’Adolescence Volume 55, Issue 4, August 2007, Pages 220-225
    • Neuropsychiatrie de l’Enfance et de l’Adolescence Volume 57, Issues 7–8, October–November 2009, Pages 615-620

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