Dyslexie et haut potentiel, quels sont les impacts ?

Dyslexie et haut potentiel

On entend parfois que dyslexie et haut potentiel ne sont pas compatibles…ce qui est faux.

Ces deux particularités se conjuguent parfois. Dans cet article, vous allez découvrir des informations utiles concernant les HP (haut potentiels) dyslexiques, leur mémoire de travail et leurs différentes caractéristiques.

Dyslexique/dysorthographique et haut potentiel :

Haut potentiel :

Toutes ces expressions (haut potentiel, précoce, surdoué) se rapportent à une même idée. Une définition intéressante peut être « la capacité à ressentir, percevoir, comprendre les choses et l’environnement qui nous entourent de façon plus aiguisée, plus fine, plus dense que la majorité des gens » (Babington, 2018).

On dit alors que les hauts potentiels ont un fonctionnement cognitif particulier. Pour être diagnostiqué haut potentiel, il faut un quotient intellectuel (QI) de 130 ou plus. Dans la plupart des indices mesurés dans les tests tels que la compréhension verbale, raisonnement perceptif… les HP se positionnent au-dessus de la moyenne. En revanche, la vitesse de traitement des informations est en moyenne plus lente.

Les hauts potentiels représentent 2,1 % de la population donc environ 450 000 enfants scolarisés en France. Il faut préciser que 45% des élèves diagnostiqués HP redoublent et 20% n’atteignent pas le baccalauréat (Siaud-Facchin, 2015).

Qu’est-ce que la mémoire de travail :

Comprise dans la mémoire à court terme, la mémoire de travail permet de « retenir des informations pendant quelques secondes, voire quelques dizaines de secondes » et de les traiter (Ehrlich et Delafoy, 1990).

Dys et haut potentiel, les différences avec une simple dyslexie

Dys et haut potentiel, les différences avec une simple dyslexie ?

Il a été mis en évidence que la mémoire de travail serait plus élevée chez les enfants HP. Au contraire, chez le dyslexique, la mémoire de travail est le plus souvent altérée. Alors qu’en est-il de la mémoire de travail chez les enfants HP et dyslexiques ?

Les résultats d’une étude menée en 2013, par Berninger et Abbott montrent que les dyslexiques HP obtiennent souvent de meilleurs résultats en lecture, orthographe, compétences, syntaxe… que les élèves simplement dyslexiques. En revanche, la mémoire de travail est déficitaire chez les HP dyslexiques et les élèves simplement dyslexiques.

Quand un individu est à la fois haut potentiel et dyslexique, ou présente d’autres troubles des apprentissages, on constate parfois « l’effet de masquage ». Le diagnostic du haut potentiel est rendu plus difficile par certains troubles des apprentissages comme la dyslexie. En quelque sorte les forces et faiblesses de l’enfant se compensent. Lors des tests étalonnés mis en place pour le diagnostic de la dyslexie, les élèves HP et dyslexiques obtiennent de meilleurs résultats notamment au niveau et de la mémoire de travail de la dénomination rapide.

Les élèves à la fois précoces et dyslexiques se caractérisent souvent par un fossé important entre leurs connaissances et leurs compétences. En effet, ce sont souvent des élèves très curieux et capables d’absorber un grand nombre d’informations, mais il est difficile pour eux de les retranscrire et de les mettre en forme. Même avec une connaissance approfondie du sujet, ils peuvent parfois ne répondre qu’à une partie des questions d’un contrôle, car ils sont limités par l’écriture, l’orthographe ou la fatigue.

Les enfants HP dyslexiques ont une meilleure compréhension orale, un langage riche et varié. De l’autre côté, certaines observations cliniques montrent des difficultés graphiques plus élevées chez les élèves précoces.

La newsletter des parents d’enfants Dys

    En conclusion :

    Le principal problème de l’association entre dyslexie et haut potentiel est que les professeurs et l’écosystème autour de l’enfant ne reconnaissent ni la dyslexie, ni l’intelligence de l’élève. Quant aux professionnels de santé, l’interprétation des résultats des tests n’en sera que plus complexe. Un trouble peut en masquer un autre et même en être la conséquence, les HP « dys » peuvent donner l’impression d’être à la fois très vifs pour certaines tâches et médiocre pour d’autres.

    Pourtant il est fréquent d’observer une coexistence d’un haut potentiel avec d’autres troubles d’apprentissage tels que la dyslexie/dysorthographie, la dysgraphie, les troubles attentionnels avec ou sans hyperactivité, les troubles anxieux…

    Le pire ennemi de l’élève surdoué est l’ennui. Aussi il faut qu’il soit stimulé et challengé par des activités à la fois stimulantes sans les mettre en échec vis-à-vis de leurs troubles des apprentissages (exemple : dyslexie/dysorthographie).

    Sources :

    • Dyslexie de développement M. Habib : https://www.neurodyspaca.org/IMG/pdf/37-81436.pdf, EMC – Psychatrie/Pédopsychiatrie
    • Fumeaux O. Revol : Le haut potentiel intellectuel : mythe ou réalité ? https://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/wp-content/uploads/2014/11/Fumeaux-mythe-ou-realite.pdf, La revue de santé scolaire & universitaire, n°18 Nov-Déc 2012
    • Centre de Recherche en Psychologie : Cognition, Psychisme, Organisations (EA 7273) : Profil cognitif au WISC-IV des enfants à haut potentiel intellectuel avec ou sans troubles des apprentissages
    • Neuropsychological profile on the WISC-IV of French children with dyslexia
    • Didier Eldrid : Etude de cas sur l’efficience de la mémoire de travail chez les enfants haut potentiel et dyslexiques

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      2 commentaires

      • Bonjour,
        Mon enfant a 14 ans est dyslexique, dysorthographique, il fait une phobie scolaire depuis l’année dernière et viens tout juste d’être diagnostiqué HPI. Il ne va plus au collège car c’est trop difficile pour lui d’y aller. C’est vrai qu’il s’ennuyait au collège, mais personne n’avait vu qu’il était HPI, donc pas stimulé, on lui disait qu’il allait décroché s’il continuait à ne pas aller au collège. Ils ne lui donnent pas de devoirs, pas de cours.

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        • Bonjour, Votre fils doit pouvoir continuer sa scolarité même s’il ne peut plus aller en classe : soit par le biais du CNED (cours à distance) ou bien il essaye d’y aller au moins
          pour certains cours et d’autres peuvent lui être dispensé par des profs de son établissement via le dispsotitif du SAPAD (qqes cours dispesnés à domcile par des profs volontaires
          mais cela ne peut se faire que si l’élève suit quand même en parallèle quelques cours au collège). Il lui faut un suivi psychologique pour l’accompagner et l’aider à s’en sortir!
          Et aussi, s’il a des passions, des activités qu’il aime, encourageez le à les développer, ça l’aidera à prendre confianc e en lui et à rétablir et trouver son équilibre !!!
          Il a besoin de votre soutien pour se sortir de cette situation !!!!! Courage, on s’en sort mais c’est un peu long pour se reconstruire …

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